L’arrivée du numérique a provoqué des changements profonds dans les stratégies de développement et touche de nombreux secteurs. Le retard majeur des PME et ETI français en la matière n’est pas nouveau. Plusieurs études alertent régulièrement sur le manque d’outils et de process adaptés.

En mars dernier, le Conseil National du Numérique tirait la sonnette d’alarme en fustigeant l’écart croissant de notre pays avec le reste de l’Europe. L’enquête réalisée par Bpifrance Le Lab en septembre dernier est sans appel : la majorité des PME et ETI françaises n’ont pas pris conscience de l’importance de la transformation digitale pour leur activité. Et 20% des dirigeants estiment que le temps de la transformation n’est pas venu pour leur entreprise d’après le même rapport. Les PME industrielles françaises abordent la question du numérique comme un moyen d’augmenter le CA de l’entreprise. Elles en sont capables en augmentant la visibilité grâce au web et en étendant ainsi la zone de chalandise. Ainsi que comme un moyen de réduire les coûts, grâce au déploiement d’outils favorisant les gains de productivité. Malheureusement, la réalité est beaucoup plus complexe que ça !

Le numérique implique une conduite agile du changement

Les comportements des clients ont changé, en BtoC et également en BtoB. Plus de 90% du parcours d’achat dans l’industrie s’effectue désormais en ligne. Les entreprises-clientes des PME-ETI réalisent souvent des recherches en ligne avant même de contacter un commercial. D’où l’importance d’une présence numérique suffisante pour répondre aux attentes des clients professionnels. Pourtant, 45% des dirigeants n’ont toujours pas de vision de la transformation digitale de leur entreprise. La principale difficulté pour les PME industrielles françaises est de s’adapter aux nouvelles pratiques.

En termes d’outils, cela passe par :

  • un site internet optimisé et performant dans la génération de trafic et de contact,
  • une présence accrue et régulière sur les réseaux sociaux professionnels,
  • l’abandon des pratiques dites “traditionnelles” grâce à une stratégie marketing adaptée.

Comment s’adapter avant d’être condamné ?

Cette transformation requiert de l’agilité et de la réactivité et ce, pour tous les secteurs où le numérique a bouleversé la donne. Pourtant, on constate que l’immobilisme est néfaste et coûte encore très cher à ces entreprises sceptiques. L’incertitude et la complexité générées par le numérique doivent être surmontées par les entreprises afin de se transformer pour s’adapter correctement, avec les bons outils. Et ce, avant de disparaître d’ici cinq ans. Le dirigeant tient un rôle fondamental dans la conduite de ce changement, c’est à lui de bâtir une stratégie fiable, d’impliquer ses collaborateurs et partenaires. Les innovations technologiques, l’explosion de l’industrie du futur, l’arrivée de nouveaux modèles, les dirigeants doivent réinventer les repères de leur PME-ETI afin de mieux comprendre les attentes et les besoins des entreprises clientes. Aujourd’hui, le modèle économique et le niveau de marge de ces entreprises réticentes va leur permettre d’absorber encore un peu ce choc, mais uniquement sur le court terme. Car cela appelle aussi une transformation globale de l’entreprise. La technique vient en appui mais il ne s’agit pas de “simplement injecter de la technologie” pour réussir sa transformation digitale comme le souligne l’étude Bpifrance.
Auteur : Karim Bouras — Agence Nile

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